Le Club des Ex : Since you’ve been gone

Dans le billet précédent, je faisais une typologie des exs et je concluais sur l’importance de savoir faire son deuil amoureux, pour finir dans les trois meilleurs cas de figure possibles (Amis, connaissances, « Qui ? ah oui, c’est vrai, on s’en fout un peu en fait) ». Bref, voici comment faire activement son deuil amoureux. Que vous ayez rompu ou que vous ayez été plaqué. Et le plus simple n’est pas forcément de s’être faire plaquer.

Un deuil classique, en  amour ou ailleurs, c’est réussir à gérer cinq états successifs (qui peuvent connaître quelques phases de concomittance, surtout lorsqu’ils sont voisins dans la chronologie du deuil) : la dévastation, le manque, la nostalgie, la colère et la tentative de retour à un quotidien normal.
Si on se laisse le temps que ça passe tout seul, ce qui est le conseil le plus fréquemment donné, on passe par tous ces états de façon totalement bordélique, dans un gloubiboulga de grand n’importe quoi émotionnel, et on se retrouve souvent à boucler sur les mêmes choses de façon répétée pendant des mois et des mois, des années pour certaines personnes…

La raison ? A faire son deuil passivement, on ne prend pas le temps de le faire , de regarder la vie en face, alors certains trucs se règlent malgré eux, et d’autres restent des furoncles sous cutanés, près à cracher leur pus à la prochaine crise de deuil ou de déprime, alors que vous vous noyez pour maintenir une certaine normalité au quotidien.  Tout ne se tasse pas tout seul. Et au final, vous finissez un jour par vous retrouver devant La Vache et le Prisonnier, à chialer comme une madeleine, quand Fernandel laisse Marguerite dans un pré, une fois hors de risque d’être repris par l’ennemi. Girl, you have issues !

L’idée dans un processus de deuil actif, c’est de consacrer du temps spécifiquement à ça et d’organiser un peu l’ensemble pour fluidifier les choses. La première fois est la plus compliquée en général. Surtout les fois d’après on se connaît déjà un peu plus et on sait à quoi s’attendre. C’est comme monter pour la deuxième fois dans des montagnes russes. Vous savez à quel point vous allez être secoué, ça enlève déjà une inconnue de l’équation. Let’s go.



La Dévastation / La Sidération
Que vous l’ayez quitté·e malgré votre amour (parfois ça le fait pas) ou que vous vous soyez fait plaquer, vous voilà célibataire. Vous ne l’avez pas encore intégré totalement. Votre cerveau bugue. Vous ressentez une impression de coquille vide. Rien ne vous touche. Tout est morne. Toute est gris monotone. Tout est atone. 1000 vieux morts de la canicule, l’anniversaire de votre mère, fromage ou dessert ? Mais qu’est qu’on s’en fout. Vous en êtes là, las, mort·e à l’intérieur. Vous vivez l’instant présent sans y être, comme spectateur de votre propre vie. Continuez donc à vivre dans le moment présent autant que possible pendant cette période d’ataraxie relative. Pour autant, je recommanderais de récupérer rapidement vos affaires qui serait chez iel et de lui rendre les siennes qui seraient restées chez vous pendant cette courte période, pour couper les ponts totalement juste après. Pourquoi ?
D’une part, vous êtes dans un état proche de l’Ohio et vous allez faire ça en mode quasi automatique et, d’autre part, ça concrétise la rupture, ça va la rendre tangible, palpable, ce qui va vous permettre de l’accepter et de préparer la suite dans de bonne condition.

Le Sevrage / Le Manque
Déjà vous avez récupéré vos affaires, l’autre les siennes, : vous n’avez plus aucune raison de vous croiser désormais. Surtout que vous commencez à sentir des trucs pas très agréables. Il est temps de prendre des décisions auxquelles il va falloir se tenir jusqu’à la fin du deuil : bloquer l’ex sur tous les réseaux sociaux, passer son numéro de téléphone en indésirable et faire archiver tout ce qui arrive de sa boîte mail directement dans les spams (je recommande) ou dans un dossier dédié (mais là c’est un peu Carrie Bradshaw, qui se laisse la possibilité de ne rien apprendre au bout de 6 saisons et deux films de relation toxique, de son propre fait, avec Big).
Si vous voulez être extrême : revenez au téléphone à clapet sans applis en tous genres, et interdisez vous tout réseau social pendant ce temps là. Parce que l’autre va vous manquer. Et vous aller vous vouloir savoir ce qu’iel fait, ce qu’iel mange, qui iel voit, quelles chausettes iel a mis alors que vous aller devoir vous réhabituer drastiquement à vivre sans avoir accès à la moindre info sur sa vie jusqu’à nouvel ordre. Vous allez avoir envie de l’appeler. Allez donc vous frotter la face avec un gant de crin, à chaque fois que l’envie vous prend, pendant 5 minutes, ça vous calmer (et vous finirez ce deuil avec la peau douce. Astuce beauté, t’as vu ?) C’est le manque, c’est normal. Pour y pallier, on va forcer la nostalgie.

La Nostalgie/ La Culpabilité
On entre dans la phase la plus difficile du deuil actif, celle qui va vous coller au 36ème dessous, mais alors au delà du 9ème cercle de l’enfer (surtout la première fois). Vous allez repasser en revue TOUS les bon moments de la relation, du premier rencard au dernier petit déj, du premier regard complice au dernier câlin en amoureux, et aussi tous les cadeaux que vous vous êtes faits du premier nounours au dernier cockring,  et puis tout ce que vous aimiez chez l’autre, de ses pectoraux parfaits à sa façon de vous émerveiller par son énorme… Culture, et vous aller y repenser de façon quasi méthodique, jusqu’à en chialer comme jamais vous avez chialez. Ecoutez l’intégrale de Mylène si ça aide. Regardez des films romantiques, des drames en bouffant de la Häagen Dasz par pots de 3 litres, mais chialez, bordel. Pensez à tout ce que vous aller regretter de cette relation. Pensez aussi à tous ces moments où vous n’avez pas été à la hauteur, du sport que vous n’avez pas fait à cette fois où vous avez traité sa mère de grognasse alors qu’elle voulait être gentille, jusqu’à la fois où vous avez été très très con·ne vis à vis d’iel. Et continuez comme ça jusqu’à ce que vous arrêtiez de pleurer parcde que vous en avez marre de vous trouver tous les défauts du monde, parce que, non mais ho, hein merde, ce qui devrait coincider avec le moment où vous ne pourrez plus supporter « I will always love you », « All by myself », Nothing compares 2U », « It must have been love », « Stay » ou « Hurt » (selon la pop connasse dont vous reconnaissez le titre ici, attention y a un piège, y en a une c’est un groupe, et une c’est Prince.).
Rappel important : pendant toute cette phase vous allez avoir envie de l’appeler, de lui envoyer des messages, pour lui dire combien vous êtes désolé·e d’avoir été infâme, d’être une telle nullité, et que vous ne pouvez pas vivre sans iel. C’est NIET. NO. NICHTS. NADA.  Non. Non. Non. NON ! (Repassez vous donc un coup de gant de crin sur la gueule.)

La colère / La révolte.

Là normalement, vous en êtes au stade ultime de la détestation de vous-même, vous ne pleurez plus de ce constat et quand vous regardez vous avez envie de vous baffer. A la bonne heure vous êtes en colère ! Bien, on va la mettr à profit pour faire la liste de TOUT ce qui n’allait pas dans cette relation. Et comme vous, c’est déjà fait, on a épuisé tous les tiroirs, on va passer à tout ce que n’allait entre vous deux dès le départ, tous les signes avant coureurs que vous n’étiez pas fait pour vivre ensemble (Genre sa pop-pouffe favorite c’était Katy Perry alors que votre goddess ultime c’est Nicki Minaj, clairement c’était pas un bon match… ) mais aussi, ET SURTOUT, à tout ce qui n’allait pas chez votre ex. Toutes les fois où ça a été un·e giga con·ne , toutes les fois où iel a fait des trucs que vous avez pardonné par amour alors que vous auriez MARAVE SA GUEULE au quidam lambda pourle quart de la même chose. De sa manie de se couper les ongles des orteils à table en passant par son slip porte bonheur troué ou sa mère qui passait tous les dimanche et faisait des remarques sur le ménage à sa manie de ranger les livres par tailles quand vous les rangez par couleur, jusqu’à votre découverte de sa passion pour le tuning de patins à roulettes. Tout ce qui vous a fait vous demander : « Mais qu’est ce que je fous avec ça, moi ? » Et quand va venir, parce qu’elle va venir, la tentation de lui dire en face à cette, à cette raclure de chiure de crotte radioactive sur un rebord de bidet cradingue, ce que vous pensez de sa petite personne… VOUS N’Y ALLEZ PAS, BORDAYL. NON NON NON. ET NON.

Vous allez mettre à profit toute cette colèreet l’énergie à revendre qui va avec pour aller faire du sport, apprendre à jouer de la guitare, abattre des arbres à la hache ou à la tronçonneuse, bref trouver une activité qui vous défoule pour canaliser tout ça et qui vous prouve que vous vallez mieux que ce résidu de poubelle à la connerie non biodégradable. Si malgré tout, ça vous prenait au boulot de vouloir y maraver sa gueule de trou du cul, profitez-en pour recadrer Jean-Mi de la compta sur ses propos racistes et homophobes en lui citant le Code Pénal, ça lui fera les pieds. A Jean-Mi. Et vous ça vous fera un bien fou.

Le retour à la normale / Le relèvement

Petit à petit, à vous consacrer à votre ou vos nouvelles activités jusqu’à la maîtrise parfaite, votre capacité à être précis dans vos argumentations remontrance à Jean-Mi, jusqu’à en devenir pédagogue à son endroit en vous rendant compte qu’il est surtout mal dégrossi et inéduqué, et à être au top du game au boulot, vous allez voir, la colère va retomber.  Vous aller trouvez la nouvelle routine qui vous convient, et quand vous songerez à cette relation, vous serez en mesure de faire le point sur ce que vous avez appris sur vous même dans cette relation, sur ce que vous pourrez faire différemment avec votre prochain·e partenaire, et surtout vous aurez repéré des red flags sur : ce que vous ne voulez pas, les signes que ça ne marche pas, et ce qu’on peut résoudre ensemble ou pas pour qu’une relation fonctionne et surtout ce que vous êtes prêt à résoudre/supporter ou pas pour que ça marche. Profitez donc du fait d’être célibataire et de la colère et la révolte vous quitter ou se diriger vers des choses concrètes comme l’inaction des pouvoir publics et l’action que vous pouvez mener pour leur secouer le prunier ou pallier leur manque (tout en leur secouant le prunier). Dans quelques temps vous aller réaliser au détour d’une longueur de piscine, ou entre deux vannes avec Jeanine à la machine à café que vous n’avez pas pensé à votre ex pendant plusieurs jours d’affilée. Savourez cette petite épiphanie, vous avez fait votre deuil.

Vous pouvez sans doute débloquer ses profils sociaux, (de toute façon à ce stade là, vous n’en aurez plus vraiement quelque chose à foutre, bloqué ou pas bloqué, vous vivez très bien sans, pas de raison que ça change) et reprendre une vie normale. Si vous débloquez ses profils, gardez à l’esprit que son deuil n’est peut-être pas tout à fait fini (voire pas commencé du tout). Si c’est le cas et que vous sentez que ça part en steack ; rebloquez sans hésitez.

Si vous devez redevenir amis un jour, il sera toujours assez tôt pour envoyer plus tard ce message tout simple : « Bonjour, toi. J’espère que tu vas bien. En ce qui me concerne, j’ai fait la paix avec « Nous ». Si un jour du en as envie, je serai content de prendre un verre avec toi, en ami’ et de laisser le temps, la vie, faire le reste.

Et si l’amitié, ou même la paix, n’était pas possible, peu importe vous avez fait le deuil de votre relation avec cette personne.

Remarquez que je ne parle pas de renouer plus tard, une relation. D’une part parce que ça marche rarement sur des roulettes quand ça a déjà raté, sauf à ce que vous ayez grave mûris tou·te·s les deux (genre y eu 20 ans ou plus entre les deux essais), et puis, vous remangez votre vomi, vous ? Moi pas. A bon entendeur.

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