Vivre ensemble

Le bruit des bottes me travaille. La violence me travaille. Je sais la nécessité de tracer des lignes dans le sable, parce que vouloir privé les autres de droits dont on jouit soit, c’est inacceptable, parce que vouloir priver les autres de leur dignité humaine, c’est inacceptable, parce que la mise en danger des autres et la mort des autres c’est inacceptable. Je comprends les réflexions, je comprends les indignations, je comprends les révolte, et je comprends la nécessité de cliver. Complètement. Totalement. Mais j’entends également les cris de ceux qui disent « mais tout cela nous divise encore plus ». Dans la vidéo qui suit, Najat Vallaud-Belkacem, quoi que vous pensiez d’elle et de son bilan politique, exprime un peu de cette idée : sommes nous encore capable de vivre ensemble ?

Alors j’en entends plein résumer le problème de façon très drastique, moi compris quand j’ai vraiment pas l’énergie pour faire dans la dentelle : « Les militants de -cause quelconque- sont cons ».  Et puis quand on entre dans le détail : « Mais ce sont tous des écorchés vifs ma parole, c’est impossible d’avoir un échange avec eux, vu que dès qu’on essaie d’aller plus loin en s’en prend plein la gueule… « . Effectgivement. Ce qui manque aux discriminés de tous bords et aux révoltés de tous bord, ce n’est pas la volonté, ni l’empathie, ni même l’intelligence, mais le confort de pouvoir dépasser leur quotidien pour aller plus loin, pour tendre la main vers l’autre. Exactement de la même façon que notre capacité à faire des choix rationnels et durable, comme l’explique ci-dessous Rutger Bregman.

Ce n’est pas un hasard, si le cliché des révoltés d’extrême gauche ce sont des personnes poly discriminées parce que genderqueer ou transgenres, parce que raciséses, c’est le fruit d’un système sociétal discriminant qui les pousse dans l’indigence économique, et la priorité devenant la survie, il n’est plus possible de consacrer son intellect à autre chose que la survie, il n’est plus possible de construire autre chose,  parce qu’on en a pas le confort matériel nécessaire, pour garantir le confort intellectuel pour penser au delà, parce qu’on en a pas l’énergie, parce qu’on a à peine les narines qui surnagent et encore, quand on est pas en train de se noyer un jour sur deux. Ou tous les jours.

L’unique raison pour laquelle j’excuse la violence des révoltés pauvres, poly-discriminés, c’est que c’est seulement d’avoir retrouver un confort (relatif) socio-économiquemet, qui, sans m’enlever ce sentiment de révolte, me permet aujourd’hui d’y réfléchir à tête reposée et de pouvoir chercher comment dépasser, la tentation de la violence. Et que du coup je les comprends, je sais qu’elle est difficilement dépassable. Après je ne peux que déplorer qu’elle résulte en un rejet de l’autre.

La violence de ceux qui ont le confort mental de pouvoir se poser pour réfléchir, par contre, me gonfle.. C’est justement pour ça que ma propre tentation de la violence me travaille autant. Et c’est pour ça que la violence des puissants, verbale, physique, sociale, économique, me choque et continue de me révolter chaque jour. Ce n’est pas la violence des militants précaires de tous bords qui est dangereuse, c’est celle des puissants. Et tant qu’on pointera celle du bas en restant les bras ballants face à celle du haut, perso, je serai révolté.

Alors peut-on encore vivre ensemble ? Oui, clairement. Mais ça implique de sortir les plus précaires d’un Koh Lanta quotidien. Cette question du vivre-ensemble, elle ne peut se résoudre qu’en nivellant l’inégalité et l’inéquité socio-économique… Elle passe par plus de social, plus de lutte contre les discriminations, plus d’éducation, plus de redistribution et de partage des richesses… De vrai choix. De gauche. #DismantleUltraLiberalism, anyone ?

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