Children of Dune (SyFy, 2003)

SyFy n’a pas adapté que le premier tome du cycle de Herbert. Suite au succès de la mini-série de 2000, la chaîne a mis en chantier l’adaptation des dux tomes suivants de la trilogie, le Messie de Dune et Les Enfants de Dune, en une seconde mini série. Même cast principal, amputé de William Hurt (Le duc Leto Atréides est mort depuis des plombes), quelques second rôles recastés, quelques nouveaux venus. Et hop, à nouveau trois épisodes !

Le pitch :

12 ans ont passé depuis la prise de pouvoir de Paul Atréides sur l’Empire. Son armée Fremen est allée remettre de l’ordre à travers les mondes habités pour asseoir son pouvoir, implacable. Les conspirations sont nombreuses : Le Bene Gesserit, La Guilde du Transport et Wencisia Corrino (soeur d’Irulan, et fille de l’ex Empereur Shaddam) multiplient les complots dans les complots dans d’autres complots pour masquer leurs réelles intention : se débarrasser de Paul et du joug Atréide. La pré-science de Paul luyi permet de voir comment ces machination vont se dérouler, sans pour autant qu’il semble pouvoir empêcher leur avènement. Mais le souhaite-t-il réellement ?

Lorsque l’une de ces machination le prive de sa vue, on comprends que Paul cherche une échappatoire à son rôle de Messie. En se drapant dans la prophétie Fremen, Paul s’en est trouvé prisonnier et toute sa pré-science ne lui est d’aucune utilité car politiquement, religieusement, messianiquement, il s’est engagé. Désormais, pour lui, connaître le futur, c’est en être prisonnier. lorsque Chani meurt en couches, un attentat avorté contre ses enfants, Leto et Ghanima, lui fait prendre conscience que le seul moyen de se libérer de son rôle est de disparaître. Il laisse alors la régence de l’Empire à Alia et l’avenir fort incertain…

Ma critique :

On pourrait se dire que 3 épisodes pour deux tomes, c’est court. Et je dirais à la fois oui, et non.

Non, parce que les intrigues des deux tomes sont un peu moins denses que celle du premier et la réflexion est bien plus au cœur de ces deux livres qu’au cour du premier. Réflexion sur la limite du pouvoir de pré-science dans la capacité à prendre des décisions, pour soi et pour le monde, sur la limite qu’il y a à s’inscrire dans un rôle messianique et les conséquences politiques, religieuses et personnelles que cela peut avoir, et à quel point l’être humain, même un Kwisatz Haderach, n’est pas taillé pour et peut être dépassé par ce type de rôle. Dans la partie « Les enfants de Dune », la réflexion se tourne vers la question des pré-nés, ces individus dont la conscience et les mémoires génétiques ont été éveillées par l’épice avant même leur naissance, le danger de l’Abomination (la prise de contrôle de l’esprit par une persona issue de ces mémoires secondes) ou son potentiel, à travers le choix du Sentier d’Or, de Leto.

Oui, parce que l’ensemble peut parfois sembler un peu rushé pour qui n’a pas lu les livres, avec deux saut majeurs dans le temps. La où Dune se déroule sur grosso modo 4 ans, cette partie-ci commencent douze ans après l’avènement de Paul à la tête de l’Empire, suit grosso modo les deux dernières années de son règne, sa disparition, puis saute à nouveau 15 ans en avant (dans la série. Dans les livres, les jumeaux sont plus jeunes lors des événements dont il est questions, ce qui pose d’autres questions encore), et suit les moments importants des deux ans précédant l’avènement de Leto. Perso, ça ne m’a pas choqué, mais j’ai lu les livres, et ça aide sans doute un peu. Mais je vous rassure tout de suite, c’est moins le bordel, ici, de comprendre tous les tenants et aboutissants que dans Harry Potter 6, le film, si vous n’aviez pas lu le livre… (Bonjour, photo d’une falaise qu’on aperçoit 0.5 secondes dans un mouvement de caméra, et qu’il faut comprendre que c’est là qu’on va aller chercher un horcruxe de Voldeprout à la fin alors que c’est un lieu aussi significatif qu’un balai à chiotte dans le film mais que dans le livre c’est un lieu essentiel pour Voldy)

Niveau qualité, on a le droit à une upgrade. On est passé de Buffy saison 2-3 à Buffy saison 4-5 niveau qualité des FX. On commence à sentir que SyFy a les moyens de ses ambitions désormais, ce dont va grandement bénéficier Battlestar Galactica, dont la diffusion débutera l’année suivante (Et oui, BSG, c’est une prod SyFy aussi !!). Pour la première fois, on a le droit à un Navigateur qui ne ressemble pas à un furoncle aux couilles ou à un Roswell consanguin (cf. vidéo plus bas). Les décors et tenues, sont toujours un peu grandiloquents, SF oblige, mais le kitsch a été « toned-down, just a notch ». Mention spéciale à la coiffure et aux robes de Wencisia Corrino, et certaines tenues d’Alia régente, gardent un peu de l’esprit de la première mini série. Mais clairement, cette mini-série, cherche moins l’avant-garde et plus une forme de cohérence esthétique, et c’est très reposant pour l’oeil, sans être plat. Aperçu :

Le jeux des acteurs est globalement meilleur que dans la mini-série. Mention spéciale à Alice Krige, qui remplace Saskia Reeves dans le rôle de Jessica, Daniela Amavia en Alia, Edward Atterton en Duncan Idaho, Susan Sarandon en Wencisia, Julie Cox et Barbora Kodetova de retour pour jouer Irulan et Chani et Alec Newman en Paul dans la première partie… Et forcément, je suis obligé de signaler James Mc Avoy en Leto II Atréide, parce que, ouh, là, là, graou, graou, graou, mon Dieu, « Accessoiriste ? SERPILLERE !! ». Je lui voue un amour éternel depuis que je l’ai découvert dans le rôle. Que ce soit clair, j’aimais déjà beaucoup le futur Empereur-Dieu de Dune avec qui je partageais moult atomes crochus, avant lui, mais j’avoue qu’il est aussi un peu pour quelque chose dans la décision ultime de bloguer épisodiquement, sous le nom de Leto depuis 2005. Là où ça devient comique, pour moi, c’est que jusqu’en 2011 et X-Men First Class, en gros, des gens m’ont fait des compliments, ou m’ont dragué, à cause de l’image de mon profil gravatar en pensant que c’était moi, les yeux photoshoppés, et j’ai expliqué patiemment que non, c’était James, en renvoyant vers sa filmo d’alors (Narnia, le Dernier Roi d’Ecosse, Wanted, notamment). Perso, James, je le kiffe tout le temps. Encore plus quand il garde son accent écossais. #AccessoiristeSerpillèreAgain

La musique est encore une fois très bonne. Je l’adore. Et j’ai réellement, intensément, douloureusement détesté Pékin Express du fond de mes tripes pour avoir repris le thème musical pour son habillage sonore. Pour vous dire, ça m’a empêché de regarder l’émission, purement et simplment. Sacrilège ultime. Je vous en mets un florilège de 10 minutes plus bas. Si vous avez vu l’émission sus-mentionnée, vous associez forcément certaines parties de cette musique à l’émission et vous n’en avez rien à foutre. Personnellement, elle me fout les poils. Tous les moments. Parce que chacun me renvoie à un passage de cette mini-série. Et je vous mets aussi le Inama Nushif qui accompagne l’accouchement de Chani, parce que cette chanson est de toute beauté. Encore une fois, il y a du désert dans cette bande son et, comme celle de la précédente mini-série, je peux l’écouter en boucle. En même temps, Bryan Tyler a depuis signé la musique de Constantine, iron man 3, Thor : The Dark World, Avengers : The Age of Ultron, et des opus de Fast & Furious depuis Tokyo Drift. Sans être une légende, le monsieur à un joli palmarès. Je ne suis pas étonné.

La série est donc encore plus regardable que la précédente, et, quand bien même, elle rushe un peu (très peu) au travers de ces deux tomes et ne garde que les grandes lignes des problématiques intellectuelles évoquées dans les livres (Les limites de l’exercice du pouvoir et des postures politiques, « J’ai le pouvoir de changer le monde, dois-je ? », « Suis-je près à sacrifier mon humanité pour le bien supérieur de tous ? », « Suis-je près à me sacrifier pour l’humanité ? », « Ne pourrais-je me contenter d’une vie simple, à moi ? »). Et puis il y a la fin, le choix de Leto. Education judéo-chrétienne oblige, je suis à jamais marqué par les figures christiques et les héros qui se sacrifient pour le bien de l’humanité, et la sauver d’elle-même. Le monde vivra, mieux, plus longtemps, mais pas pour eux-mêmes. Jésus qui accepte la crucifixion, Frodon qui prend le bateau aux Havres Gris, Leto qui sacrifie son humanité pour un plan millénaire, même combat. Et du coup, à chaque fois, je pleure comme une grosse merdasse sur les dernières minutes. Oui, je suis une grosse émotive du sacrifice de soi.

J’attends désormais le jour où quelqu’un parviendra à adapter le plus compliqué de tous : le tome suivant, l’Empereur-Dieu de Dune. Mon précieux. Celui qui aurait du être le livre pivot entre les deux trilogies Duniennes de Frank Herbert : la première centrée sur Dune, Arrakis, le destin des Atréides là bas, et extrêmement riche de symboles, et la seconde, après le règne tyrannique de Leto et la Grande Dispersion, centrée autour du destin du Bene Gesserit, des Honorées Matriarches et d’une menace inconnue (Les Hérétiques de Dune, La Maison des Mères et le dernier, que Herbert n’aura pas pu rédiger avant sa mort). Et au milieu, le règne du Ver…

Bref, si vous êtes fan du cycle de Dune, cette mini-série, est sans doute celle qui vous plaira le plus de toutes les adaptations, parce qu’elle est clairement plus qu’agréable à regarder, même 17 ans après (et en terme de SF télévisée, ça veut dire quelque chose !). Si vous n’avez pas lu les livres, vous pourriez être décontenancé, surtout si vous n’avez pas vu la première mini-série. Mais j’ai le sentiment (peut-être biaisé), qu’on s’y retrouve plutôt bien. Et en attendant de voir comment le Dune de Villeneuve tient la route et s’il appelle une adaptation des suites livresques… C’est clairement la meilleure qu’on a, alors ne boudons pas notre plaisir.

 

image d’en-tête : Children of Dune, SyFy, 2003 (Il faut bien attirer le chaland !)

Je note, au passage, qu’il est de plus en plus difficile de trouver des images de la mini-série en ligne, qui plus est en un format décent (1280 px au max, et encore, elles sont rares. Mais ça correspond aux grandes résolutions d’écrans de l’époque de sortie, clairement). Et les rares images de la promo du Villeneuve supplantent peu à peu celles de la mini série, et un peu celles du Lynch… Signe des temps, sans doute. Purée, Denis, te rate pas, parce que sinon, je vais t’en vouloir ad aeternam ! C’est mal de me priver de James Mc Avoy shirtless et dans la fleur de l’âge, de la sorte ! (D’autant que je ne sais plus à qui j’ai prêté mes DVD de la mini-série en dernier et iel ne me les a jamais rendus !)

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