The Lasius Experiment (Day 3)

Au cours de l’année 1995, j’ai lu Les Fourmis, de Bernard Werber. Vous pouvez penser ce que vous voulez du reste de l’œuvre du monsieur, le premier tome de la trilogie des fourmis est épatant. Je les chroniquerais sans doute, un jour. J’ai toujours été un fondu de nature. Je peux scotcher des heures sur des reportages animaliers, mon enfance était rythmée par l’arrivée mensuelle de Wapiti, j’ai eu un aquarium de 100L et un autre de 25 pendant plusieurs années… J’ai même eu un chat. Et dans un coin de ma tête, depuis 1995, tourne un petit vélo : héberger ma propre colonie de fourmis.

Mais quand vous n’avez de stabilité ni économique, ni sociale, ni géographique, avoir et entretenir des animaux, c’est impossible. C’est comme ça que mon chat a fini sa vie chez mes parents, à la campagne pendant mes années noires (2004 à 2016). C’est comme ça que j’ai abandonnée toute velléité animalière pendant 15 ans, occupé que j’étais à me trouver et à trouver une place qui m’aille un peu dans ce monde mal foutu. A défaut, j’ai bouffé du docu animalier. Mammifères, reptiles, requins (alors que j’ai été traumatisé à vie par Les Dents de la Mer, comme beaucoup d’autres), crustacés. Au passage si vous ne connaissez pas encore la crevette mante arc-en-ciel, je vous conseille ce comic strip de Matthew Inman a.k.a. the man behind TheOatMeal.com.Si je l’avais découverte avant Dune, vous liriez sans doute un blog beaucoup plus aquatique et, possiblement, encore plus pédéistique, en totale overdose de rainbow et paillettes.

Bref, j’ai essentiellement assouvi ma soif de nature via les reportages animalier et, forcément, ceux sur les fourmis dans leur habitat naturel me fascinaient. la variété des espèces, des organisations sociales…Parce que non, figurez les fourmis ce n’est pas automatiquement « Une reine et des ouvrières » comme chez les abeilles, même si cela est le cas pour certaines variétés. Mais il peut aussi y avoir des majors, plus grande que la moyenne, et plus fortes, voire même des super-majors, avec de têtes, et des mandibules plus grosses et plus puissantes, des fourmi-citernes… Et puis la reine pomponnée par ses ouvrières et occupée à pondre des oeufs n’est pas forcément unique, l’espèce est alors dite polygénique, parfois, toute les fourmis d’une colonies sont des pondeuses en puissance et l’une d’elle se voit confier la responsabilité de se faire féconder par un mâle extérieur au groupe et revenir pondre, elle est le gamergate (rien à voir avec la shitstorm féministe du milieu vidéoludique de ces dernières années)… Et j’en passe. Bref, les fourmis sont FA-SCI-NAN-TES !

A l’été 2017, alors que je m’étais pété le coude en tombant à la soirée du personnel avec les collègues de boulot, je suis tombé sur la chaîne YouTube AntsCanada, par un philippin ex-expat au Canada (d’où le nom de sa chaîne), qui filmait et narrait avec brio les aventures de ses colonies de fourmis (4 à ce moment là, là il en a 6 ou 7 et c’est monté jusqu’à une dizaine au cours des 3 dernières années).J’ai dévoré les deux ans de vidéos existantes en quelques jours et je n’ai pas arrêté de suivre la vie de ses protégées depuis. Pour ne rien gâcher, Mickey, l’auteur des vidéos, a fait son coming-out l’an dernier, ainsi que son mari, et… Allez savoir pourquoi, j’en avais la conviction depuis mon marathon vidéoformique de 2017. Bref, j’étais fait pour apprécier ce garçon et ses vidéos, qui ont, forcément titillé mon petit vélo, vous vous en doutez bien.

Et puis, jeudi 30 juillet 2019, il a fait chaud. Très chaud. Le mercure est monté jusque 35°C avant de retomber à 23°c entre 20h et minuit. Et, alors que je bossais de nuit, le hall du taff s’est trouvé envahi d’insecte : une abeille perdue avec du pollen aux pattes et sur le cul, deux ou trois grosses mouches abattues en deux taons (#DadJokes) trois mouvements, une bonne centaine de moucherons blanchâtres translucides chelou, et… Des dizaines de fourmis ailées, mâles et femelles… Je m’en suis rendu compte alors que j’allais faire le ménage nocturne après avoir rangé un placard dans lequel il y a une bonne centaine de pots de confiture vides et leurs couvercles… On est pas à 5 pots prêts : j’ai avisé trois femelles qui avaient déjà arraché leurs ailes et deux autres encore avec, mais qui avaient toutes l’air de chercher les recoins de la réception (je bosse dans un hôtel) et hop, dans les pots, avec une boule de coton hydrophyle humide, direction la boîte à gant de la voiture pour la fin de la nuit… Depuis, elle patientent dans leurs pots, couvercle juste posé, pour que l’air circule, dans le noir, avec une réserve d’eau chacune… Si je récupère des tubes à essais pour les installer un peu mieux, en début de semaine, je les dérangerais une fois encore, et sinon, je vais les laisser tranquille pendant 8 jours. Le temps de voir si elles pondent.

J’avais déjà parlé à The Duncan de mes envies de formiculture, et nous avions convenu que cela ferait partie des projets à prendre en compte lors de notre (très prochaine) vie ensemble. Je m’étais dit qu’il serait toujours temps, à l’été 2021 ou à l’été 2022 d’aller capturer des ailées toute nouvellement reine un soir d’été et de commander du matériel sur le online store AntsCanada.com, créé par Mickey à force de ne pas trouver ce qu’il lui fallait près de chez lui. Il livre dans le monde entier et même avec les frais de port, je m’en tirerais à moins chers qu’avec du matériel européen que j’avais songé… Je n’avais pas songé un instant que ça me tomberait dessus cette année, un soir de boulot. La vie est taquine, hein ?

Du coup, j’ai regardé en ligne quelles sont les espèces fréquent,e en France, j’ai comparé avec ce que j’avais sous les yeux et j’ai envoyé à Mickey des photos des deux reines les moins farouches devant l’objectif pour avoir son avis quand à leur taxonomie. Elle sont rousses de corps, pattes jaunes, petite tête, poils sur les membres, le thorax et l’abdomen, mais pas sur la tête et si j’en crois le taxon sur lequel nous sommes (Moi, Internet et Mickey) tombé d’accord, j’ai bien fait d’en attraper cinq (ou alors c’est la pire idée du siècle) : elle sont polygéniques -en me démerdant bien, si plusieurs reines pondent, j’ai moyen de faire fusionner les colonies naissantes après acclimatation les unes aux autres. Et donc il y a un potentiel de finir avec une ‘super colonie’- et se reproduisent plutôt bien à température de fin de printemps début d’été – en gros un intérieur entre 18 et 24°C va leur plaire à mort…

Bref, si tout se passe bien, j’ai donc franchi le premier pas de concernant l’hébergement de ma future colonie de Lasius Flavus.

La photo qui illustre l’article, est prise avec mon téléphone, qui n’a qu’un appareil moyen. Mais voilà une des futures « Mother of Millions »…

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