À tous les râteliers

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Je me suis longtemps identifié comme homosexuel et, plus politiquement, avec une notion de visibilité communautaire, comme gay. J’ai même longtemps revendiqué un statut de « Goldstar Gay », un homosexuel qui n’a jamais touché à une teu-cha en dehors du jour de sa naissance. Et puis…

… Et puis je suis devenu militant·e, j’ai appris pas mal de truc que j’ignorais en tant que pédé, sur les problématiques des autres lettres du sigle LGBT, j’ai ajouté d’autres lettres au sigle LGBTQIA (Lesbiennes, Gays, Bi, Trans, Queer, Intersexes, Asexuels), découvert qu’on pourrait encore le rallonger pour être encore plus inclusif et visibles, ou opter pour MOGAI (Marginalised Orientation & Gender Alignments & Identities)…

J’ai compris que ma propre identité de genre était mille fois plus complexe que « Je suis un garçon/un homme », et que techniquement, tous les pronoms me vont. Je suis, point. Je ne me considère pas comme trans’, parce que je ne ressens pas le besoin de faire une transition, mais je ne me considère pas non plus comme cis, parce que mon genre masculin assigné à la naissance m’est problématique à titre individuel (je ne suis pas un mec, clairement.), et à titre collectif également, puisque je me suis fait agressé une demi douzaine de fois depuis 10 ans, sur le sujet, qu’on m’appelle « madame » à peu près trois fois par jours alors que je présente plutôt comme mon genre d’assignation mais que j’ai tendance à placer ma voix dans la douceur et les aigus (depuis le début de la pandémie et le port du masque c’est 20 fois par jour au boulot) et je passe sur le fait que certains me prennent pour une lesbienne butch, surtout avec mes chemises à carreaux. Je suis non-binaire. Tous les pronoms me conviennent. Il, elle, iel… Fine by me.

J’ai aussi abandonné mon statut de Goldstar Gay, lors qu’après une soirée très très très bonne, on est allé se coucher avec Edouard* un garçon trans’ et qu’une fois tous nus, on a joué avec le matériel qu’il y avait là et qu’on s’est amusé autant qu’avec un garçon cis’. Et puis d’autres ensuite, dont un avec qui j’ai eu une relation de quelques mois. Et puis il y a eu des filles aussi. Mais moins. Je reste indécrottablement androphile.

Mais alors suis-je encore homosexuel ? suis-je encore gay ? Politiquement, non. Je me considère désormais comme une personne « queer » sans plus de précisions, et de fait ne limite plus mon scope personnel ou militant aux seules problématiques des garçons qui aiment les garçons. Au quotidien si autrui m’identifie comme homosexuel ou gay, c’est que déjà iel a capté que je ne cadrais pas avec l’hétéronormativité, et c’est déjà ça. Pour les précisions, ça viendra avec le temps. Si c’est nécessaire. Mais si on me pose directement la question de mon orientation sexuelles, je réponds désormais invariablement que « je mange à tous les râteliers ».

Pansexual Flag
Drapeau de la communauté pansexuelle

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