The Chair

J’ai longtemps regardé Grey’s Anatomy à moitié, en faisant autre chose. Passées les premières saison, Meredith Grey n’apprenait rien de la vie, et ses collègues non plus. De vraies Carrie Bradshaw après six saisons et deux films Sex And The City. A ce titre d’ailleurs, je redoute totalement la version 20 ans Après, qu’on nous prépare, le seul personnage réellement transcendant, Samantha, ayant déserté la City. Mais revenons à Grey’s. Je regardais donc d’un oeil, pour ne retenir que les moment où Cristina Yang intervenait, tellement Sandra Oh campait le personnage avec talent, probablement le personnage avec le moins de moments « ceci est un marteau » de la série ou le personnage explicite ce qui se passe et/ou ce qu’iel ressent et ce qu’il va faire de travers, des fois qu’on serait trops cons pour ne pas avoir compris, ou que la série ne serait pas assez cousue de fil blanc à ce moment là.

Bref, alors que j’avais envie de trucider les deux tiers du cast, j’étais clairement Sandra Oh addicted. Quand Cristina Yang a quitté le Grey Sloane, ce fût à mon plus grand désarroi. Du coup, quand on m’a annoncé une série avec elle, écrite et chapeautée par Pheobe Waller-Bridge dont je venais de tellement kiffer la série Fleabag, j’ai sauté dessus. Et, pan, rebelote. L’addiction. Again. Je me suis délecté de chacun des épisodes. De chacune des apparitions de Sandra Oh. Y compris de la saison 3, pourtant un peu en dessous des deux premières. M’enfin, un tel niveau est difficile à maintenir d’une part, et l’auteure originale s’était retirée de l’écriture pour passer uniquement en prod, sur cette saison là, d’autre part. Autant vous dire que j’attends la quatrième et dernière saison avec impatience.

Je trouve qu’on la typecast un peu dans des rôles de personnages à caractère comiques un peu disfonctionnels empêtrés avec elleux-mêmes, mais elle joue sur ces cordes là tellement bien que c’en est toujours plaisant. Cependant Cristina Yang, au delà la part de comique du personnage, a permis de montrer qu’elle pouvait très bien jouer sur d’autres registres. Je serais ravi, perso, que quelqu’un se casse la tête pour lui proposer des rôles de blockbuster suffisamment bien écrit pour qu’elle accepte (Une femme asiatique, de 50 ans, comme super héros, ce serait badass !), ou de femme fatale, parce que je suis certains qu’elle peut amener ça a des levels au delà du simple cliché.

Alors quand sur mon site de tipiakage (merci à LizzieCrowdagger sur Twitter pour ce néologisme) préféré de films et séries me sort une saison 1 de série avec Sandra Oh dedans, je ne peux que me ruer dessus. Alors évidemment on est quelque part entre Eve Polastri et Cristina Yang mais en version doyenne de faculté. Mais du coup c’est un peu comme une nouvelle paire de charentaise de votre marque préférée. Vous savez d’avance que vous aller y être bien. Alors en plus quand on y retrouve Jay Duplass en mec paumé (comme son personnage de Transparent, avec des ressorts similaires. Bref, un mec blanc hétéro, qui n’a jamais eu à faire l’ombre d’une introspection), et qu’à la production on a Oh, herself, Benioff et Weiss les producteurs de Game Of Thrones… Voilà des charentaises que j’étais ravi d’essayer.

Le Pitch :

Le Dr. Kim (Dr as in Doctor Honoris Causa, et pas soigneur, hein) est la première femme de couleur nommée à la tête du Département d’Anglais de l’Université de Pembroke (wherever it is) et se retrouve avec le cul entre deux chaises : devoir gérer son département et gérer ceux qui étaient jusque là ses pairs : un ex-doyen immatûre et récemment veuf, une majorité de vieux croûtons, avec l’exception notable d’une vieille croûtonne, et d’une jeune professeure noire, qui travaille en s’adaptant à son audience, et aussi devoir gérer des étudiants woke adepte des réseaux sociaux face à une administration coincée. Enfin, ajoutez à cela son vieux père veuf, et une fille qu’elle a adopté et qui lui voue un ressentiment puissant de ne pas être sa « vraie » maman, entre autres, et vous avez à peu près le tableau.

Mon avis :

Comme Transparent, ou Killing Eve c’est drôle de façon grinçante parce que c’est dramatique et que ça va de Charybde en Scylla, forcément, mais comme la première série à laquelle je fais référence en début de phrase, c’est que les personnages, tous dysfonctionnels qu’ils soient, sont profondément, intensément, presque douloureusement humains, preuve encore qu’ils n’y a pas forcément besoin d’une série en whatmilles épisodes, pour poser des personnages et laisser entrevoir plus d’épaisseur que la simple feuille de papier sur laquelle ils sont écrits. Parce que oui, il n’y a que 6 épisodes à cette saison/mini-série Netflix.

Et c’est là que le bats blesse. Non sur le nombre d’épisodes, hein, mais sur le fait que ce soit une série Netflix, qui préfère prolonger sur 3 ou 4 saisons ou films totalement moyen ( The Phone Booth, 1, 2, 3… Bordel, mais que quelqu’un brûle toutes les copies existante de ces daubes absolues) plutôt que de prolonger des trucs écrit avec un forme de finesse et de bienveillance toute à la fois caustique envers les personnages. Ce qui fait qu’on se retrouve avec des « one season only » dont on se demande pourquoi ils n’ont pas été poursuivis, quand on doit se coltiner des trucs meh pendant 3 saisons avec une fin sans aucun interêt ou un cliffhange parce que les scénaristes naïfs pensaient que leur daube à eux, par miracle irait au delà du nombre de saisons usuels des daubes du même acabit. Et comme les 6 épisodes se tiennent bien tels quels, il est plus que probable qu’il n’y aura pas d’autre saison.

Mais regardez donc The Chair, sur Netflix ou tipiakez là sur vos sites usuels, parce qu’il y a Sandra Oh dedans, et que rien que ça ça devrait se suffire en soi. Oh et y a aussi David Duchovny, as David Duchovny, dedans. Bref, et encore une fois : regardez The Chair, sous sa photographie en demies teintes, c’est un petit bonbon doucement acidulé.

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