Maison sucrée maison

J’ai presque fini de vider mon appartement rennais. Il reste un jeu d’étagères à démonter, quelques petites boîtes de brol. Je laisse derrière moi ma machine à laver et mon minifour qui fonctionnent très bien mais qui font doublon, voire triplon avec les équipements de la maison. J’ai fait le ménage par le vide, ces dernières semaines. Imaginez. Fin 2015, après avoir atteint, pour la n-ième fois, un point de rupture avec mes parents, je me suis retrouvé seul avec ma voiture, mes fringues, Rodrigo (mon pc de l’époque) et mon téléphone, avec moins de 2000€ sur mon compte en banque et zéro revenus.

Deux amies de l’asso LGBTQI dont je m’occupais à l’époque, m’avaient soufflé quelques mois plus tôt : « si jamais ça pète avec tes parents, tu appelles et tu viens. » Je les ai appelées et elle m’ont dit « Viens. » J’ai donc débarqué chez elles avant mon bordel, alors qu’elles cherchaient à déménager d’un T2 pour un peu plus grand. Et « oh, boy ! » ce fût effectivement plus grand : 210mm², avec deux terrasses de 30m carrés à un loyer défiant toute concurrence. Autant vous dire qu’on ne s’est pas marché dessus… six mois et demi plus tard, je faisais un essai dans ce qui allait devenir mon activité pour 5 ans, à Rennes. Et je quittais mes deux amies 9 mois après qu’elles m’aient accueilli·e.

J’ai donc débarqué à Rennes avec tout ce que contenait ma voiture. Je me suis réconcilié avec mes parents. J’ai récupéré des choses à moi qui étaient encore chez eux (et il en reste encore un brin). Et j’ai entassé tout ça dans ma cage à lapin rennaises pendant 5 ans. Dans ce bordel, il y avait des fringues que je ne mettais déjà plus parce que j’avais grossi. J’ai regrossi ensuite. Du coup, quand il s’est agit de déménager. J’ai mis les 2/3 de mon placard de fringues dans des sacs et je les ai mis à la benne à vêtements des bonnes oeuvres. J’ai jeté tout un tas de truc que j’avais accumulés de ma vie d’avant, d’autres accumulés pendant ma vie dans la capitale administrative bretonne. Et j’ai débarqué ici, à Vannes donc, avec quelques étagères, le reste de mes fringues, quelques casseroles et des couverts. Autant dire, ma bite et mon couteau.

Le Duncan, lui, lorsqu’il a quitté Rennes il y a un an, a tout entreposé (meubles nombreux, collections diverses d’oeuvres d’art, etc…) chez parents et grand-mère, jusqu’à ce que nous emménagions chez nous, et a tout rapporté chez nous, sauf quelques trucs qui avaient moisi dans la cave de la grand-mère, un peu plus humide qu’il n’y paraissait de prime abord l’hivers dernier. Du coup quand, l’autre jour, il m’a glissé « il va falloir qu’on déclutter le garage » j’ai considéré le tas de bordel dans ledit garage et j’ai rigolé doucement. Il y a un carton de godasses à moi, et un carton avec mes duvets de camping et mes dérouleurs dans ce garage. Tout le reste du bordel, c’est à lui. Et commme nous avons un peu comme règle tacite que chacun déclutter ses merdes… Vous imaginez bien que ça m’a fait pisser de rire en mon for intérieur.

Bref, on s’installe, doucement, mais sûrement. Et la phrase qui me faisait tout drôle à prononcer il y a encore quelques semaines devient douce à mes lèvres au fil du temps. « C’est notre chez nous ! »

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