Something’s got to give

Je ne vais pas fort ces derniers temps.

Mon boulot me coûte mentalement : sous effectif, je suis depuis 6 mois, l’unique réceptioniste avec plus d’un an d’expérience en la matière (5 déjà), l’unique réceptionniste à connaître pas trop mal le logiciel maison de chez Concorde Hotels, et  il se trouve que je suis aussi la personne avec le plus d’ancienneté dans la boîte dans l’équipe de réception jour (et je suis arrivé fin Septembre…) et, si ce qui précède vous a mis la puce à l’oreille ça ne vous surprendra pas, management pas folichon.

Je viens d’avoir le Covid, une forme légère, mais qui m’a bien assomé pendant 4 jours. Sauf que j’étais HS avant d’être malade en raison d’un gros nombre d’heures de boulot, que les 7 jours d’isolement n’ont pas réellement été un repos récupérateur, même si le break était bienvenu, et que « un peu » de fatigue, mentale et physique, est encore là depuis les trois dernières semaines de reprise.

Je perds en efficacité/volonté au boulot, et du coup mon syndrôme de l’imposteur revient en force.

Je suis émotif naturellement, mais là, c’est facteur whatmille, avec des moments où, si je suis seul·e, mes yeux pleurent et le reste suit. J’évite les séries avec trop d’émotions fortes négatives, sinon je risque de pleurer comme une merde (J’ai pleuré  comme une merde sur un épisode de Grey’s Anatomy, où il arrive un truc moche à un perso que j’aime bien, un soir ou le Duncan était pas là, mais genre ça m’a plombé jusqu’au lendemain)

Je n’ai plus envie de rien, tout m’indiffèr de façon relative, et je n’arrive plus à me bouger le cul pour rien. Sortir de mon lit, et à plus forte raison de chez moi, me coûte une énergie folle. Quand j’arrive à lâcher prise, à force de Youtube et de Twitter meme binging ou de construction de truc en mode créatif à Minecraft (si je me remets à jouer sur serveur en mode survival, je saurais que j’ai re-touché le fond, vu le temps que ça prend), j’arrive à sourire ou à rire, mais je ne peux pas passer ma vie en mode poisson rouge avec 30 secondes de mémoire vive, non plus.

Accessoirement, trop de Twitter n’arrange rien : entre les memes, il y a toute l’actu qui défile et c’est encore plus à gerber que sous Sarkozy en terme de gouvernement, la gauche est encore plus désolante que sous Hollande, et l’état général du monde est bien pire que dans les six mois après la chute des tour jumelles, sans même que les barbus ne soient les plus dangereux du moments.

L’euthanasie en Suisse tournicôte dans ma tête, mais elle n’est pas possible pour motif égoïste. Alors qu’elle résoudrait way aisément mon problème d’hyperconscience du merdier ambiant et de celui dans ma tête.

Cerise sur le gâteau, je culpabilise de ne pas aller bien et du coup, mon cerveau m’enjoint de quitter le Duncan pour qu’il puisse avoir une meilleure vie sans moi, avec d’autre(s).

Alors que je devrais être heureu·x·se : j’ai un compagnon de vie, un logement, un travail et sauf à se prendre une bombe directement sur la gueule, on a les moyens de se barrer en cas de pépin ou à avoir un futur way potable ensemble, si le monde part pas totalement en steack : je suis totalement vidé·e, éteint·e, mort·e à l’intérieur. Mais comme je suis censé·e être au comble du bonheur, je donne le change en permanence, parce que c’est sans doute le talent le plus pourri de ma vie, donner l’impression que je vais bien, alors que non.

Lundi, j’ai crevé un pneu en allant au boulot et j’ai piqué une crise de rage et de larmes contre ma bagnole avant de changer ma roue en plein cagnard et d’arriver en retard au travail (oui parce que si ça t’arrive pas sur le trajet du boulot, aucun intérêt de crever ton pneu, hein ?) et d’être totalement à l’ouest au boulot le reste de la semaine parce que le rush d’émotion de merde qui sont remontées à la surface avec cette roue crevée ne part pas.

Et puis, jeudi, alors que j’étais en repos, quoi que je fasse, mon cerveau gambergeait. A m’en taper la tête contre les murs. Littéralement.

Ma dépression latente, que je traîne depuis une trentaine d’années déjà, qui a faillit avoir ma peau en 2011 (merci le rapatriement en urgence en Bretagne par les parents, avec le recul, à 15 jours près ils rapportaient mes affaires seulement) et que j’avais à peu près reléguée dans un placard en 2016 en changeant totalement de voie pro, m’est retombée assez violemment dessus jeudi dernier en mode « Coucouuuuuuuuu » façon Lola Wesh (sauf que Lola Wesh, elle, elle me fait marrer). Certes,  dans un coin de ma tête, je savais qu’elle sortie du placard et qu’elle rôdait depuis un moment, mais je pensais pouvoir la tenir à distance (Méthode Coué de merde), ou que « ça passerait » et en fait (forcément) non.

Bref, jeudi soir, j’ai craqué. J’ai laissé tomber la carapace complètement et le Duncan a tout pris dans la gueule. Pas méchamment, ni violemment, mais je crois qu’il a réalisé que quand j’avais fendu l’armure avant, je n’avais fait que la fendre, justement. J’ai pas mal pleuré, on a discuté, ce qui m’a fait du bien, et m’a rappelé combien il est fantastique et pourquoi je l’aime. Et j’ai remis la carapace.

Aujourd’hui, j’ai fait une crise d’angoisse. Souffle court, qu’il m’a été très compliqué de récupérer et dans l’après midi, en recevant en notification les messages des collègues entre elles via le snapchat du boulot qui venait de sortir de son mode silencieux, je me suis mis·e à pleurer. Je devais sortir faire les courses, et m’occuper d’autres choses (entre autre prendre rendez vous pour faire réparer cette putain de roue), et je n’ai pas réussi.

Je ne vais pas bien. Mais alors pas du tout. Du coup, je risque de ne pas poster beaucoup plus ici dans les semaines qui viennent. Le temps d’essayer de me retrouver. Prenez soin de vous, de votre côté, en attendant.

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